Archive for the ‘Bail commercial’ Category

Investissement : l’avenir de murs de commerce, c’est la santé

Vendredi, juin 4th, 2010

Avec la concentration des acteurs de la santé et du grand âge, les murs de clinique ont la côte

La course au rachat de murs de cliniques et de maisons de retraite est lancée. Un nombre de lits insuffisant, des tarifs élevés et des taux d’occupation proches de 95 %. L’avenir est prometteur pour les investisseurs.

Une demande en augmentation constante, une offre de lits insuffisante, des exploitants spécialisés signataires de baux longs et un marché sécurisé, qui plus est acyclique… « Les fondamentaux sont bons », pensent les investisseurs institutionnels lancés tête baissée dans la course à l’immobilier de santé et du grand âge. Une nouvelle classe d’actifs est apparue au début des années 2000. Plusieurs foncières et fonds d’investissement se spécialisent depuis dans le rachat de murs de cliniques et d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ainsi est née Foncière des Murs en 2004, une filiale du groupe Foncière des Régions issue de la vente d’une cinquantaine de ses maisons de retraite par Korian, alors leader du marché. En 2006, Gecina crée Gecimed, aujourd’hui propriétaire de 28 établissements exploités par la Générale de Santé. Icade, au sein du département équipement et santé de sa foncière, possède 25 cliniques rachetées en 2009. Des fonds d’investissement comme Weinberg Capital Partners ont suivi, soucieux de ne pas rater le coche. Les portefeuilles détenus par ces investisseurs regroupent quelque 350 établissements pour une valeur de 2 milliards d’euros. « Sécurité, lisibilité, faible risque de vacance, ces actifs ont très bien résisté à la crise. Nous allons continuer à investir dans cette voie », annonce Dominique Ozanne, directeur général adjoint de Foncière des Murs.

Tarifs fiévreux

Le modèle économique semble sans faille. « Le secteur atomisé entre des milliers de petits exploitants à la tête d’une ou deux cliniques ou maisons de retraite est en pleine concentration : de 30.000 acteurs, il pourrait passer à 3.000 ou 5.000 », pense Yvon Olivy, directeur du pôle médico-social d’Icade. Les équipements, comme leurs propriétaires, vieillissent.  Tous n’ont pas les moyens d’investir pour assurer la qualité des soins et un accueil digne du XXIe siècle. De grands groupes peuvent le faire pour eux, en les rachetant. La « course aux lits » bat son plein : les 15 premiers exploitants représentent à eux seuls plus de 60 % du secteur commercial privé.  « Pour grandir, ces exploitants, parmi lesquels des sociétés cotées, se servent de l’immobilier comme d’un levier de financement. Ils vendent leurs propres murs et deviennent locataires des établissements qu’ils possèdent ou qu’ils acquièrent, explique Fabrice Léger, spécialiste du secteur pour le conseil Jones Lang Lasalle. Ils s’acquittent ensuite d’un loyer « triple net » comprenant toutes les charges. Leur seule recette est le prix payé par leurs pensionnaires. Ce chiffre d’affaires devient la variable d’ajustement. »

« Les forfaits journaliers ont augmenté fortement au cours des dernières années, poursuit Jean-Christophe Briant, auteur d’une étude sur le secteur pour le cabinet Xerfi. Car les exploitants doivent euxmêmes payer un loyer indexé sur des indices assez volatils, ou bien « rembourser » des travaux de modernisation ou d’extension consentis par leur propriétaire. » Ces derniers choisissent en priorité des sites où existent des droits à construire non utilisés, ajoutent une aile ou un nouveau bâtiment pour accueillir plus de lits, plus de patients et augmenter la rentabilité de l’actif. « Tout est possible, développe Vincent Moulard, directeur de l’immobilier de diversification de Gecina. L’achat des murs, une acquisition conjointe avec l’exploitant qui demeure un partenaire des décisions d’investissement, les travaux d’extension ou la construction ex nihilo. Le marché n’en est qu’à ses débuts. » Les premières opérations signées entre Foncières des Murs et Korian offraient la perspective d’un rendement de 8,79 %. Ce chiffre ne dépasse plus 6,5 % tant les appétits se sont aiguisés. « Nous n’avons pas tout vendu et nous nous montrons plus opportunistes », explique Alexis Jungels, chargé des relations avec les investisseurs chez Korian. A sa porte frappent de grandes sociétés mais aussi des entreprises familiales capables de mettre sur la table 100.000 euros par lit. Les Ehpad se vendent aussi à la découpe, à des particuliers qui, séduits par le dispositif de défiscalisation des résidences services comparable au Scellier. achètent -cher -une ou plusieurs chambres.

L’insolente bonne santé du secteur n’est pas menacée. Trois risques sont néanmoins pronostiqués. D’abord la liquidité de ces bâtiments très spécifiques n’est pas garantie. Foncière des Murs a tenu à vendre 4 cliniques en 2009 pour démontrer le contraire, mais le fait est que ces établissements sont peu transformables. « Sans agrément, une clinique vaut surtout le prix du terrain sur lequel elle est construite moins les coûts de démolition », affirme un exploitant confronté à la question. Lorsqu’elles ont été vendues à la découpe, qui rachètera -sans avantage fiscal -des chambres décotées, à rénover qui plus est ? Vient ensuite l’instabilité réglementaire : la prise en charge par la collectivité de 35 % des dépenses n’est pas gravée dans le marbre. Enfin, le marché pourrait se resserrer : la baisse des niveaux de retraite réduira mécaniquement le nombre de personnes âgées capables de s’offrir ces soins. « Certains doivent vendre leur maison , mais en général ce sont les enfants qui paient. Compte tenu de la durée des séjours de plus en plus courts, 30 mois en moyenne, ce n’est pas non plus une dépense énorme », détaille un observateur pragmatique. Le constat n’a pas échappé aux spécialistes, qui réfléchissent, Korian en tête, à des formules low cost. Chambres plus petites, construction standardisée, ces Ehpad coûteront tout de même de l’ordre de 60 euros par jour à leurs résidents. Le marché va se structurer. Ses spécificités, en tout cas, donnent des idées : demande importante, offre insuffisante, locataires subventionnés et nombreux… A l’autre bout de la vie, les crèches sont la prochaine cible.

CATHERINE SABBAH

Article les échos du 04 juin 2010

Foncière des Murs cède trois hôtels Mercure pour 24,2 M€

Mardi, mai 18th, 2010

des baux de 12 ans passé par la chaine d'hotels mercure

Foncière des Murs, spécialisée en murs d’exploitation, bailleur du groupe Accor depuis 2005 avec un portefeuille de 192 hôtels en France et en Belgique, vient de signer un protocole relatif à la cession de trois hôtels Mercure situés à Rouen (76) et à Rennes (35), auprès d’un investisseur privé (Ferré Hôtels) pour un montant total de 24,2 M€. Accor exploite ces trois hôtels Mercure à travers des baux commerciaux de 12 ans fermes, dont les loyers sont indexés sur le chiffre d’affaires des hôtels.
« Cette nouvelle transaction démontre la bonne liquidité des hôtels occupés par un locataire de renom. Dans le même temps, on constate que les investisseurs privés disposent d’un savoir-faire qui les incite aujourd’hui à se porter acquéreur de ce type d’actifs», commente Dominique Ozanne, directeur général adjoint de Foncière des Murs.

Question de propriétaire

Mardi, avril 27th, 2010

Je suis propriétaire de mûrs commerciaux que je loue à un locataire sous la forme d’un bail professionnel : ai-je le droit de faire supporter toutes les charges par le locataire ?

Oui. Il s’agit ici d’un point qui est comme toujours à négocier et à inscrire noir sur blanc dans le contrat de bail avant que celui-ci ne soit souscrit par les deux parties. Dans le cadre d’un bail professionnel, un propriétaire peut en effet faire supporter à son locataire toutes les charges ou presque afférentes à l’usage et à l’entretien de l’immeuble concerné. Même les frais de rénovation du toit ou des façades sont concernés jusqu’aux ordures et à la taxe foncière. C’est une négociation dès le départ : libre au locataire d’accepter ou de refuser…

Murs de boutiques : l’immobilier qui rapporte encore

Lundi, avril 12th, 2010

Alors que les rendements locatifs s’effritent avec la hausse des prix de l’immobilier, acheter des boutiques, en direct ou via une SCPI, permet d’obtenir des rendements compris entre 6 et 8 %, soit deux fois plus que dans l’immobilier d’habitation. Cet investissement locatif de niche nécessite toutefois de prendre certaines précautions.
En ce qui concerne l’achat en direct de murs de boutique, cet article donne des conseils utiles pour trouver une boutique à louer en faisant appel à des agences immobilières spécialisées dans l’immobilier commercial et pour sélectionner les meilleurs emplacements dans les villes les plus dynamiques. Il avertit le lecteur sur la nécessité de vérifier la pérennité du rendement locatif du bien, les clauses du contrat de bail commercial ainsi que la solvabilité du locataire, détenteur du fonds de commerce.
En ce qui concerne l’achat de parts de SCPI, cet article indique la marche à suivre pour acheter des parts de l’une des 16 sociétés civiles de placements immobiliers (SCPI) qui investissent dans des murs de magasin.
Un encadré présente le nouvel indice des loyers commerciaux (ILC) qui pourrait être rendu obligatoire à compter du 1er janvier 2009.
Une planche présente les 7 cas dans lesquels le bailleur peut déplafonner le loyer commercial : locaux monovalents, locaux à usage de bureaux, baux supérieurs à 10 ans, baux dont la durée a dépassé 12 ans, amélioration du caractère commercial du secteur, réalisation de travaux dans les locaux loués ou encore changement d’activité.
Un tableau compare les performances des 16 SCPI « murs de boutique » existantes : année de création, rendement locatif 2007, performance globale 2007 (Actipierre 1, 2 et 3 et Actipierre Europe de Ciloger, BTP Immobilier, Cifoma et Ficoma de SERCC, Buroboutic de Fiducial Gérance, Foncia Pierre Rendement de Foncia Pierre Gestion, Foncière Remusat de Cabinet Voisin, Immorente de Sofidy SA, Multicommerce d’UFG REM et Novapierre 1 de Paref Gestion).

SCI et entreprise

Jeudi, janvier 21st, 2010

On constate, dans les montages juridiques conseillés par les professionnels de la création d’entreprise, une nette tendance à dissocier l’immobilier d’entreprise de l’entreprise proprement dite.
La constitution d’une structure juridiquement indépendante, généralement une société civile immobilière (SCI), pour financer les locaux et les mettre ensuite à la disposition de l’entreprise, s’avère souvent judicieuse.
La SCI constitue, en effet, une structure très souple susceptible de s’adapter à des situations familiales et professionnelles diverses.

  • Pourquoi dissocier l’immobilier de l’entreprise ?
  • Pourquoi une SCI ?
  • Comment constituer une SCI ?
  • Interview d’expert


Pourquoi dissocier l’immobilier de l’entreprise ?

Plusieurs raisons peuvent motiver ce choix.

Protéger son patrimoine immobilier professionnel d’éventuelles poursuites de créanciers de l’entreprise.

En cas d’ouverture d’une procédure collective à l’encontre de la société d’exploitation, les immeubles professionnels peuvent ainsi être préservés.
Il convient cependant d’être prudent : la protection ne jouera pas dans certaines situations : les tribunaux peuvent notamment étendre la procédure collective à la SCI, s’ils estiment que cette dernière est fictive ou qu’il y a une confusion de patrimoine entre les deux sociétés.
Cette notion pourrait notamment être retenue s’il était prouvé qu’il y a eu des transferts d’actifs entre les deux sociétés sans contrepartie : loyers surévalués, enrichissement de la SCI au détriment de la structure d’exploitation, aménagements des locaux financés par la société d’exploitation restant acquis à la SCI sans indemnités etc…

Préparer la transmission familiale de l’entreprise.

S’agissant d’une entreprise familiale, la constitution d’une SCI permet d’attribuer l’affaire à celui ou ceux des enfants de l’exploitant qui sont les plus aptes à la gérer, et de transférer aux autres les parts de la SCI, par le biais d’une donation-partage ou d’un testament.
Les risques d’indivision entre les héritiers au décès du chef d’entreprise, qui entraînent bien souvent la mise en vente de l’entreprise, sont ainsi évités.

Faciliter la transmission de l’entreprise à des tiers.

L’actif immobilier représente un poste très lourd dans le bilan d’une entreprise. Pourtant les immeubles ne constituent pas en eux-mêmes des outils de production, sauf lorsqu’ils sont spécifiques à une activité particulière (un hôtel ou une clinique par exemple).
Par conséquent, les acquéreurs potentiels attacheront beaucoup plus d’importance à d’autres biens productifs pour l’évaluation de la valeur d’achat de l’entreprise.
Une entreprise sans actif immobilier est donc plus facilement cessible, l’acquéreur n’étant pas tenu d’acheter les immeubles. D’autre part, ceux-ci ne risqueront pas d’être sous-évalués.

Assurer à l’exploitant, et éventuellement à des membres de sa famille, des revenus fonciers complémentaires.

Le principe est le suivant : l’entreprise verse à la SCI un loyer, qui doit correspondre à la valeur locative de l’immeuble. Le bénéfice de la SCI, constitué essentiellement de ces loyers, déduction faite des charges et notamment des intérêts d’emprunts, est réparti entre les associés en proportion de leur part dans le capital.
Ce bénéfice constitue pour les associés et donc pour l’exploitant, une fois les emprunts remboursés, un revenu foncier complémentaire imposable au titre de l’impôt sur le revenu. S’il décide de céder son entreprise, il conservera cette source de revenus, notamment en prévision de sa retraite.

Pourquoi une SCI ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le recours à une SCI :

facilite la transmission familiale du patrimoine immobilier et professionnel. Elle évite notamment que les héritiers se retrouvent propriétaire d’un immeuble en indivision, situation difficile à gérer au quotidien. Si un des héritiers souhaite céder ses parts, il n’obligera pas les autres à vendre l’immeuble, comme c’est le cas en indivision.

peut procurer certains avantages fiscaux.
Attention cependant, ce montage juridique suppose d’en maîtriser tous les aspects et de prendre garde à certains inconvénients.
Le recours à un professionnel est donc largement conseillé.

L’investissement est réalisé grâce aux loyers versés par l’entreprise à la SCI. Le recours à une SCI permet donc de se constituer un patrimoine immobilier à moindre coût. Mais ces loyers sont généralement inférieurs aux montants des remboursements d’emprunt et des intérêts.
Du fait de la dégressivité des intérêts, les associés de la SCI devront au bout de quelque temps payer des impôts fonciers de manière croissante au fil des années (le remboursement des intérêts déductibles diminuant), alors qu’ils ne toucheront pas les bénéfices (ceux-ci servant à rembourser l’emprunt).
Cet « inconvénient » doit donc être prévu par les associés en établissant un plan prévisionnel en fonction de la durée de l’emprunt.

L’entreprise déduit les loyers et charges de son bénéfice fiscal. Mais il va de soi que le loyer doit être « normal », c’est à dire correspondre à la valeur locative réelle.
S’il est excessif, l’excédent est considéré comme résultant d’un acte anormal de gestion entraînant une réintégration dans le bénéfice imposable de l’entreprise. Il est donc conseillé de faire évaluer la valeur locative de l’immeuble par un expert immobilier auprès des tribunaux.

Les frais d’acquisition des immeubles par la SCI ne sont pas déductibles, à moins que la SCI opte pour l’impôt sur les sociétés.

Enfin, la SCI exerce une activité civile, elle n’est donc pas, en principe, assujettie à la TVA. Cependant elle peut opter pour l’application de la TVA sur les loyers encaissés.
Cette option lui permet, non seulement d’économiser le droit de bail, mais encore de récupérer la TVA grevant l’immeuble, y compris celle afférente aux investissements.

En cas de difficultés de l’entreprise et de mise en jeu de la responsabilité du dirigeant, il est indéniable que la saisie de parts sociales détenues par ce dernier est moins intéressante pour des créanciers que la saisie d’un immeuble.

Comment constituer une SCI ?

Visite auprès du centre de formalités des entreprises (CFE)

Son but est de retirer le formulaire de déclaration de société ainsi que la liste des pièces à fournir. Le CFE compétent est situé au greffe du tribunal de commerce du ressort du siège social de la société.

Rédaction des statuts

Il faut au minimum deux associés pour constituer une SCI (personnes physiques ou de personnes morales), leur nationalité étant indifférente. En ce qui concerne les mineurs non émancipés, leur participation ne peut se faire qu’avec l’aide de leur représentant légal.
Les associés peuvent rédiger eux-même les statuts, se servir de modèles pré-imprimés ou faire appel à un professionnel, ce qui est toujours conseillé, la rédaction des statuts d’une SCI étant une opération délicate.
Le recours à un notaire n’est obligatoire que si un apport d’immeuble ou d’un bail supérieur à 12 ans a été effectué. Il est toutefois conseillé dans le cas d’une SCI entre époux, afin d’éviter une requalification en donation déguisée.
Que faut-il mentionner dans ces statuts ?

La forme de la société (SCI de location).

Les apports de chaque associé : ils déterminent leurs droits dans le capital de la société (à l’exclusion des apports en industrie).
L’apport peut être fait en numéraire (argent), en nature (immeuble ou terrain par exemple) ou exceptionnellement en industrie (connaissances techniques, travail…).
Lorsqu’une personne mariée sous un régime de communauté de biens apporte des biens appartenant à la communauté, elle doit impérativement en avertir son conjoint. Celui-ci intervient généralement lors de la signature des statuts et reconnaît qu’il a bien été informé de l’utilisation de biens communs pour réaliser l’apport. Il peut être utile, à cette occasion, de lui demander qu’il renonce par avance à revendiquer la qualité d’associé pour la moitié des parts de son conjoint.
La valeur des apports en nature est librement discutée entre les associés, l’intervention d’un commissaire aux apports n’étant pas obligatoire.

La dénomination de la société : elle peut être fantaisiste, liée au lieu de situation de l’immeuble ou à l’objet social en général. Elle peut également comporter le nom d’un ou plusieurs associés. Il est prudent de vérifier auprès de l’INPI que le nom, s’il est fantaisiste, n’est pas déjà utilisé.

Son siège social : il est fixé librement par les statuts mais doit être réel. Il ne correspond pas forcément au lieu de situation de l’immeuble et peut être situé au domicile du dirigeant.

Son capital social : il est constitué par les apports en numéraire et en nature ; aucun montant minimal n’est fixé. Il correspond généralement à la valeur de l’immeuble. Les associés peuvent prévoir la libération différée du capital. En effet, dans les SCI, aucune règle n’impose de verser le montant du capital immédiatement. Les associés peuvent fixer librement les modalités de versement des apports en numéraire, soit dans un délai déterminé, soit au fur et à mesure des appels de fonds de la gérance. La libération peut correspondre aux bénéfices répartis entre les associés.
Cette solution est très avantageuse car l’administration fiscale accepte de prendre en considération, comme base de calcul des plus-values, la valeur des parts au jour de la signature des statuts sans tenir compte de l’époque des libérations.

L’objet : il doit être purement civile, c’est à dire se limiter à l’acquisition et la gestion d’immeubles. Il ne peut être question d’acheter des biens pour les revendre, sous peine que la société soit taxée à l’impôt sur les sociétés en qualité de marchand de biens. La vente d’un immeuble n’est envisageable que si elle a un caractère exceptionnel.

La durée de la société : la durée maximale est 99 ans à compter du jour de l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

Les modalités de fonctionnement : la SCI est dirigée par un ou plusieurs gérants, rémunérés ou non, qui doivent rendre compte de leur gestion, dans un rapport, chaque année à l’assemblée des associés.
Attention, sauf disposition contraire des statuts, le gérant peut être révoqué par simple décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Une clause peut donc être introduite protégeant le gérant-associé de ce genre de désaveu.
Les associés doivent également envisager la possibilité de quitter la SCI. Le code civil prévoit que les parts sociales ne peuvent être cédées (ventes, donations…), hormis aux ascendants et descendants, qu’avec l’accord de tous les associés.
L’unanimité étant très difficile à obtenir, les statuts peuvent par exemple prévoir que toute cession de parts sociales, même à des ascendants ou descendants, sera soumise à l’agrément de la majorité des associés (ou des 2/3…)
De même, il est souhaitable de fixer à l’avance l’éventualité du décès d’un associé. La encore, les statuts peuvent compléter la loi et prévoir l’agrément des héritiers par les associés.

Reprise des engagements pris pour le compte de la société en formation

Les associés récapitulent toutes les dépenses ou les engagements qu’ils ont pris au nom et pour le compte de la société en formation jusqu’à la date de signature des statuts dans un acte annexé aux statuts. Ils donnent également mandat à l’un ou plusieurs d’entre eux (ou au gérant non associé) pour prendre de nouveaux engagements jusqu’à l’immatriculation de la société. Celle-ci entraînera alors automatiquement la reprise de ces engagements.

Enregistrement des statuts

Les statuts, une fois rédigés et signés par tous les associés, doivent être enregistrés auprès du service des impôts en 4 exemplaires timbrés. Si un immeuble a été apporté en nature, l’acte doit être publié aux hypothèques.
Publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales

Cet avis doit comporter la dénomination de la société, sa forme (SCI), son capital, la nature des apports, son siège social, son objet, sa durée, les nom et adresse du ou des gérants, le registre du commerce et des sociétés auprès duquel la société sera immatriculée. Coût : environ 150 euros.

Dépôt du dossier de demande d’immatriculation auprès du CFE

Deux exemplaires enregistrés et timbrés des statuts doivent être déposés au CFE, accompagnés :

- de l’acte de désignation du ou des gérants, s’ils n’ont pas été désignés par les statuts,
- d’une fiche d’état-civil pour le ou les gérants, et d’une déclaration de non-condamnation,
- de la lettre de demande de publication dans un journal d’annonces légales, ou du journal lui-même,
- d’un justificatif du siège de la SCI (quittance EDF par exemple),
- des frais d’immatriculation.

A partir de ce moment, la société est « en cours d’immatriculation ». Elle naîtra officiellement le jour de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.