Archive for juillet, 2010

Faut-il investir dans l’immobilier de commerce?

Mercredi, juillet 7th, 2010

Investir dans l’immobilier de commerce présente l’avantage d’offrir des rendements supérieurs à ceux que peuvent présenter d’autres actifs tertiaires comme l’essentiel de l’immobilier de bureaux.

Aujourd’hui, pour les commerces de centre-ville, les taux de rendement immédiats pour les meilleurs actifs (emplacement numéro un, signature de qualité…) se sont stabilisés autour de 6 %. Pour des emplacements parisiens secondaires, affectés d’un risque locatif, les taux peuvent atteindre les 8 %.

Ce niveau de rendement immobilier est à rapprocher de taux bancaires aujourd’hui faibles. Les chiffres d’affaires sont, bien sûr, tributaires de la consommation. Pour l’investisseur particulier, les baux ont également l’avantage d’être de longue durée (neuf ans) avec des loyers en pratique indexés annuellement sur la variation d’un indice. Les éléments essentiels d’un bon investissement sont le potentiel de commercialisation d’un emplacement (sa fréquentation, son accessibilité, sa visibilité, etc.), la destination des locaux, et, bien entendu, le montant du loyer.

Segmentation

Le marché des commerces reste très segmenté avec à la fois des adresses prisées par les grandes enseignes, mais aussi des sites dont la situation géographique est plus médiocre, et qui peuvent rester vides plus longtemps. Pour des centres commerciaux, enfin, la qualité des enseignes et la présence de « locomotives » sont indispensables. Les particuliers peuvent investir directement dans les murs de boutiques pour des montants limités. Pour des sommes plus importantes, ou des investissements en centres commerciaux, mieux vaut opter pour les SCPI spécialisées et les valeurs foncières.

La finance islamique lorgne le marché immobilier français

Mercredi, juillet 7th, 2010

Les fonds immobiliers islamiques investissent encore peu en France, lui préférant le Royaume-Uni. Une situation qui pourrait s’inverser avec les prochaines instructions fiscales de Bercy.

Par Anne-Sophie Moreau, Les Echos

Méconnu en France, l’essor de la finance islamique dans l’immobilier tertiaire (bureaux, murs commerciaux, entrepôts) se heurte à l’incompatibilité du système juridique avec les exigences de la charia. Ces investisseurs venus des Emirats représenteraient pourtant un marché potentiel énorme, si l’on en croit les auteurs du « Livre blanc sur la finance islamique et l’immobilier français ». Conçu par le cabinet d’avocats d’affaires international Norton Rose et le spécialiste en gestion d’actifs immobiliers DTZ Asset Management, cette étude fait le point sur un secteur en mutation.

Entre 2003 et 2009, le nombre de fonds islamiques dans le monde est passé d’environ 200 à près de 700. Selon le « Rapport Jouini et Pastré » paru en 2008, la finance islamique représente un marché de 700 milliards de dollars et sa valeur estimée s’élèverait à 1300 milliards de dollars en 2020. Parmi ses secteurs de prédilection, l’immobilier : « actif tangible » par excellence, il correspond au critère de la loi islamique qui impose de lier l’activité financière à une activité économique réelle.

L’entrée de la finance islamique dans l’immobilier français date des années 2000. En 2003, le fonds immobilier Gulf Atlantic France, créé par Gulf Finance House, une banque d’investissement islamique originaire de Bahreïn, rachète le siège d’Alstom Transport à Saint-Ouen et 25 000 mètres carrés de terrains à Vélizy pour quelques 150 millions d’euros. Depuis, la pratique s’est peu à peu étendue. Entre 2003 et 2008, on compte plus d’une quarantaine d’opérations réalisées dans l’immobilier tertiaire, pour un montant de près de 3 milliards d’euros, affirme DTZ Asset Management. Un chiffre modeste par rapport au Royaume-Uni : dans cet eldorado européen de la finance islamique, ce sont 30 milliards d’euros qui ont été investis dans le patrimoine immobilier.

Car malgré la volonté réaffirmée de Christine Lagarde, la ministre des Finances, d’attirer les investisseurs islamiques sur le sol français, ceux-ci se heurtent toujours à un cadre juridique inadapté. Faisant face à de nombreux surcoûts, ils lui préfèrent la flexibilité de la «common law» britannique. Pour éviter le crédit, prohibé par la charia, les financements islamiques impliquent par exemple des systèmes d’achat / revente sans intention spéculative, actuellement soumis à une double taxation, évidemment désavantageuse pour les investisseurs. Avec les nouvelles instructions à venir de Bercy, ces opérations devraient être simplifiées, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour les financements de projets immobiliers. « La France est bien perçue des Emirats », souligne Patrick Genre, Directeur Général de DTZ Asset Management. « Avec un cadre juridique adapté, elle pourrait devenir le premier pays européen pour le financement islamique de l’immobilier. »